Retour à la boutique

CBD en pharmacie et parapharmacie : ce que dit la loi

· Léa Pardo · cbd

À retenir

  • Une pharmacie ne peut vendre que les produits figurant sur la liste des marchandises autorisées en officine (arrêté du 15 février 2002 modifié) : les cosmétiques au CBD conformes à la réglementation en font partie.
  • Le CBD vendu librement n’est pas un médicament. Un médicament à base de cannabidiol, l’Epidyolex, est autorisé dans l’Union européenne pour certaines formes rares d’épilepsie, uniquement sur prescription.
  • Les produits issus du chanvre doivent présenter une teneur en THC inférieure ou égale à 0,3 % (arrêté du 30 décembre 2021).
  • Depuis le 15 mai 2026, les produits au CBD destinés à l’ingestion ne peuvent plus être vendus en France, quel que soit le circuit de distribution.
  • La vente de fleurs et de résines de CBD est légale en France si leur teneur en THC ne dépasse pas 0,3 % (Conseil d’État, 29 décembre 2022).

Depuis quelques années maintenant, les produits CBD ont réussi à conquérir le cœur d’une bonne partie de la population. Mais qu’en est-il dans nos pharmacies hexagonales ? Quelles sont les règles qui s’y appliquent ? Peut-on s’en procurer en parapharmacie ? Le Chanvrier Français répond à toutes ces questions pour vous. En résumé : une pharmacie peut vendre certains produits au CBD, comme des cosmétiques, s’ils figurent sur la liste des marchandises autorisées en officine, mais le CBD vendu librement n’est pas un médicament.

Petit rappel sur ce qu’est le CBD

Également nommé Cannabidiol, le CBD est une molécule (un cannabinoïde) issue de la plante de cannabis. Ce dernier se distingue du THC (tétrahydrocannabinol), la molécule responsable des effets psychotropes du cannabis.

Le CBD vendu en boutique n’est pas un médicament. Un médicament contenant du cannabidiol, l’Epidyolex, est autorisé dans l’Union européenne pour certaines formes rares d’épilepsie : selon l’Agence européenne des médicaments (EMA), il n’est délivré que sur prescription, et son traitement doit être instauré et suivi par un médecin expérimenté dans la prise en charge de l’épilepsie.

Ainsi, les produits CBD peuvent être commercialisés à la condition sine qua non qu’ils présentent une teneur en THC inférieure ou égale à 0,3 %, seuil fixé par l’arrêté du 30 décembre 2021. Ces derniers peuvent se décliner sous plusieurs formes différentes, à l’image des fleurs, de la résine CBD, des cosmétiques CBD ou des e-liquides CBD. En revanche, les produits au CBD destinés à l’ingestion (huiles présentées comme compléments alimentaires, miel, infusions, bonbons) ne peuvent plus être vendus en France depuis le 15 mai 2026 : le CBD n’est pas autorisé comme nouvel aliment au titre du règlement (UE) 2015/2283, et la Direction générale de l’alimentation (DGAL) a généralisé ses contrôles sur ces denrées.

Le CBD et les pharmacies françaises

Si le CBD vendu librement n’est pas délivré sur ordonnance, c’est tout bonnement, car ce cannabinoïde issu de la plante de cannabis n’est pas considéré comme un médicament sous cette forme. Cela n’interdit pas pour autant sa présence en pharmacie : une officine peut vendre certains produits au CBD, à condition qu’ils entrent dans une catégorie autorisée.

Dans le même temps, certaines boutiques en ligne utilisent ce mot “pharmacie” pour rajouter du crédit à leur commerce. Cependant, en tant qu’acheteur, il vous faut absolument faire très attention à la provenance et à la qualité de vos produits. Rappelons que, selon l’article L. 4211-1 du code de la santé publique, la vente au détail des médicaments est réservée aux pharmaciens.

En France, les pharmaciens peuvent seulement commercialiser les produits figurant sur une liste arrêtée par le ministre de la Santé : il s’agit de l’arrêté du 15 février 2002 modifié. Les produits cosmétiques figurent sur cette liste. Selon l’Ordre national des pharmaciens, les cosmétiques contenant du CBD qui respectent les interdictions de l’annexe II du règlement européen relatif aux produits cosmétiques peuvent donc être vendus en officine.

Le pharmacien reste toutefois responsable du référencement des produits qu’il vend : il doit vérifier leur statut, leur composition et leurs allégations. L’Ordre rappelle également que les produits dont la teneur en THC dépasse 0,30 % sont considérés comme des stupéfiants, et donc interdits.

Et les parapharmacies alors ?

C’est à ce moment que vous vous demandez s’il reste tout de même possible de se procurer du CBD en parapharmacie. Même son de cloche, mais pas même symphonie. Tout d’abord, il nous faut poser des mots exacts sur ce qu’est réellement une parapharmacie. Cette dernière peut commercialiser des produits de soin et d’hygiène, et ce, sans ordonnance obligatoire, à l’image de certains produits cosmétiques, qui ne relèvent pas du monopole des pharmaciens.

Vous l’aurez donc bien compris : en parapharmacie comme en pharmacie, ce sont les règles propres à chaque catégorie de produit qui s’appliquent. Des cosmétiques au CBD conformes au règlement (CE) n° 1223/2009 peuvent y être proposés, mais aucune denrée alimentaire au CBD ne peut être vendue, quel que soit le circuit.

Le cannabis à usage médical relève, lui, d’un tout autre cadre : il a fait l’objet d’une expérimentation nationale encadrée par l’ANSM à partir de 2021, avec prescription par des médecins formés et délivrance par des pharmacies participantes. Ce dispositif est distinct de celui des produits au CBD en vente libre.

Les produits à base de cannabidiol restent cependant disponibles dans de nombreux magasins et sur de nombreux sites. Cependant, il est important de veiller à la qualité et à la provenance de ces derniers, afin de ne prendre aucun risque et de choisir des produits conformes. Ils sont par exemple également vendus en bureau de tabac : nous détaillons ce circuit dans notre article sur le CBD en bureau de tabac.

Raison pour laquelle le Chanvrier Français vous invite à découvrir sur sa boutique en ligne ses fleurs de CBD et ses résines. Les boutiques et revendeurs peuvent quant à eux s’appuyer sur son activité de grossiste CBD et sur son réseau de franchisés.

FAQ

Peut-on acheter du CBD en pharmacie ?

Oui, pour certains produits. Une pharmacie ne peut vendre que les marchandises figurant sur la liste fixée par l’arrêté du 15 février 2002 modifié. Les cosmétiques en font partie : selon l’Ordre national des pharmaciens, un cosmétique au CBD conforme à la réglementation européenne peut donc être vendu en officine. Le pharmacien reste responsable de vérifier le statut, la composition et les allégations de chaque produit.

Le CBD est-il un médicament ?

Non, pas les produits au CBD vendus librement. Il existe en revanche un médicament contenant du cannabidiol, l’Epidyolex, autorisé dans l’Union européenne pour certaines formes rares d’épilepsie. Selon l’Agence européenne des médicaments, il n’est délivré que sur prescription et son traitement est instauré et suivi par un médecin expérimenté dans la prise en charge de l’épilepsie.

Peut-on trouver du CBD en parapharmacie ?

Oui, sous forme de cosmétiques. Les produits cosmétiques ne relèvent pas du monopole des pharmaciens et peuvent être vendus dans d’autres circuits, dont les parapharmacies. Un cosmétique au CBD doit respecter le règlement (CE) n° 1223/2009 et ne présenter aucune allégation thérapeutique. En revanche, aucune denrée alimentaire au CBD ne peut être vendue en France.

Les huiles de CBD alimentaires sont-elles vendues en pharmacie ?

Non. Le CBD n’est pas autorisé comme nouvel aliment au titre du règlement (UE) 2015/2283 : toute denrée alimentaire qui en contient, y compris les huiles présentées comme compléments alimentaires, est interdite à la vente en France. Depuis le 15 mai 2026, la DGAL a généralisé ses contrôles sur ces produits, quel que soit le circuit de distribution.

Quel taux de THC est autorisé dans les produits au CBD ?

Les produits issus du chanvre doivent présenter une teneur en THC inférieure ou égale à 0,3 %, selon l’arrêté du 30 décembre 2021, qui a remplacé l’ancien seuil de 0,2 %. Au-delà de 0,30 %, un produit est considéré comme un stupéfiant et ne peut être vendu, ni en pharmacie, ni ailleurs.

Sources