CBD et opération chirurgicale : ce qu’il faut savoir avant et après  

Cet article est fourni à titre informatif et ne constitue ni un avis médical ni une recommandation. Le CBD n’est pas un médicament. Avant toute intervention, signalez votre consommation de cannabis ou de CBD à votre chirurgien et à votre anesthésiste : eux seuls peuvent vous indiquer la conduite à tenir. 

À retenir

  • Signalez toujours votre consommation de cannabis ou de CBD avant une opération. Les recommandations internationales demandent aux anesthésistes de poser systématiquement la question.
  • Le cannabis peut modifier la réponse à l’anesthésie et augmenter les besoins en anesthésiants.
  • Le CBD interagit avec le métabolisme de nombreux médicaments, y compris ceux utilisés avant, pendant et après une intervention.
  • Après l’opération, le CBD ne remplace pas les traitements prescrits. Toute consommation doit être validée par votre médecin.

En 2021, et d’après les chiffres officiels fournis par l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives, 10,6 % des adultes français âgés de 18 à 64 ans ont consommé du cannabis au cours de l’année, et 1,7 % en consomment quotidiennement. 

À ces usagers s’ajoutent les consommateurs de CBD, la forme légale et non psychotrope de cette même plante. 

Dans un autre temps, chaque année également, on recense entre 7 et 10 millions d’opérations chirurgicales dans notre pays, dont 3⁄4 d’entre elles nécessitent une anesthésie générale. 

Or, saviez-vous que la consommation de cannabis en général peut venir compliquer le bon déroulement d’une opération ? En effet, les différents cannabinoïdes contenus dans le cannabis classique peuvent entraîner certains changements physiologiques. Ce qui pourrait augmenter la complexité et les risques liés à l’intervention. 

Alors, pour quelles raisons l’usage de cannabis peut venir complexifier la tâche des médecins lors d’une opération ? Cela s’applique-t-il aussi au CBD ? Comme à son habitude, Le Chanvrier Français prend plaisir à vous répondre. 

Quels risques représente la consommation de cannabis avant une opération ? 

Comme vous le savez peut-être déjà, le cannabis renferme un immense nombre de cannabinoïdes différents en son sein. Tous ayant la capacité d’interagir avec notre Système Endocannabinoïde, et donc avec ses récepteurs. Des récepteurs que la nature a finement éparpillés dans nos différents systèmes physiologiques. 

Le THC, ou tétrahydrocannabinol, fait office de molécule cannabinoïde la plus célèbre au monde. C’est d’ailleurs grâce à cette substance que le cannabis classique confère les fameux effets psychotropes qu’on lui a longtemps indubitablement associés.

Les effets de ces différents cannabinoïdes vont, de ce fait, avoir un impact sur notre organisme. Ce dernier va donc interagir avec eux pour laisser place à la propagation de ces mêmes effets. Voilà pourquoi, lorsque l’on consomme du cannabis, cela engendre, en notre sein, de multiples changements physiologiques. 

Des changements physiologiques, qui en cas d’intervention médicale, peuvent venir compliquer la bonne évolution de l’opération.

L’impact sur l’anesthésie

Par exemple, le cannabis est connu pour réduire le ressenti des produits anesthésiques habituellement utilisés, soit sur des zones ciblées (dents, crâne, œil…), mais aussi en cas d’anesthésie générale. Une conséquence somatique qui augmente les possibilités de voir la pression sanguine réduire et le rythme cardiaque augmenter. 

Si l’on ajoute à cela les possibilités de complications au niveau des voies respiratoires, on commence à vite se faire une idée des risques globaux. 

Anesthésie générale ou locale : des risques différents 

Néanmoins, la consommation de cannabis n’a pas le même impact sur tous les types d’opérations chirurgicales. En effet, ils sont logiquement plus élevés lorsque l’on en vient aux lourdes interventions chirurgicales, nécessitant clairement l’usage d’une anesthésie générale. 

Concernant les opérations à anesthésie locale, les risques sont bien moins importants. Malgré cette baisse de la dangerosité, le cannabis peut tout de même venir diminuer la qualité de l’anesthésie. 

Et pour cause, ce dernier impacte directement notre système nerveux, bousculant ainsi l’équilibre de ses fonctions. Ce qui pousse souvent le médecin à augmenter les doses d’anesthésiant nécessaires. Raison pour laquelle il est impératif pour le patient de faire part de sa consommation de cannabis aux médecins qu’il consulte. 

Quid du CBD ? 

Le CBD étant l’un de ces cannabinoïdes, peut donc bel et bien influencer la réaction de notre corps à une anesthésie préopératoire. Et même s’il ne provoque aucun effet planant, il vient tout de même interférer avec nos systèmes cardiaques et cérébraux. Ce qui, finalement, peut engendrer des complications similaires. 

Voilà pourquoi de nombreux chirurgiens et médecins déconseillent fortement la consommation de cannabidiol avant toute opération. Le stress et l’anxiété sont pourtant fréquents avant une intervention : ils se traitent avec l’équipe médicale, qui dispose de solutions adaptées. 

Les interactions médicamenteuses 

Le cannabidiol est métabolisé par le foie, via des enzymes qui traitent également un grand nombre de médicaments. Il peut donc modifier leur concentration dans l’organisme, à la hausse comme à la baisse. Ce point est particulièrement sensible autour d’une opération, où s’enchaînent anesthésiants, antalgiques et parfois anticoagulants. 

C’est la même voie métabolique qui explique les questions fréquentes sur l’association du CBD avec d’autres consommations : nous faisons le point dans notre article sur le mélange CBD et alcool.

Et après l’opération ?

Cependant, est-ce le même son de cloche qui résonne à propos du CBD, si l’on se pose la question de savoir s’il est envisageable à la suite d’une opération ? La prudence reste de mise : la période post-opératoire est précisément celle où les interactions médicamenteuses sont les plus nombreuses. 

On sait aussi qu’après toute sorte d’opération chirurgicale, les médecins prescrivent généralement des médicaments censés réduire les douleurs post-opératoires. Malgré cela, ces médicaments peuvent tout de même ne pas suffire à contenir cette douleur. Pire même, puisqu’ils peuvent aussi déboucher sur l’apparition d’effets secondaires indésirables. 

Dans ces cas-là, c’est vers l’équipe médicale qu’il faut se tourner, pour adapter le traitement. 


Questions fréquentes

Faut-il dire à l’anesthésiste que l’on consomme du CBD ?

Oui, toujours. Les recommandations internationales demandent aux anesthésistes d’interroger systématiquement leurs patients sur leur consommation de cannabis et de cannabinoïdes. Le CBD compris.

Le cannabis modifie-t-il l’effet de l’anesthésie ?

Oui. Il peut diminuer la sensibilité aux anesthésiants et conduire le médecin à augmenter les doses. Un usage régulier est aussi associé à davantage de douleurs et de nausées après l’opération.

Faut-il arrêter le CBD avant une opération ?

C’est à votre anesthésiste d’en décider, en fonction de l’intervention et de vos traitements. Signalez votre consommation dès la consultation pré-anesthésique.

Peut-on reprendre le CBD après une opération ?

Uniquement après avis médical. La période post-opératoire cumule souvent plusieurs médicaments, dont des antalgiques et parfois des anticoagulants, avec lesquels le cannabidiol peut interagir.

Sources

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