CBD et vessie hyperactive : ce que dit la recherche
Cet article est fourni à titre informatif et ne constitue ni un avis médical, ni un diagnostic, ni une recommandation de traitement. La vessie hyperactive relève d’une prise en charge médicale. Le CBD n’est pas un médicament et ne se substitue à aucun traitement prescrit.
À retenir
- La vessie hyperactive est un trouble fréquent lié à des contractions involontaires du détrusor, le muscle de la paroi vésicale.
- Ne restreignez pas vos apports en eau. Une urine trop concentrée irrite la vessie et aggrave les symptômes.
- Aucun essai n’a évalué le CBD seul dans ce trouble. Les deux essais existants portent sur des médicaments contenant du THC, chez des patients atteints de sclérose en plaques, avec des résultats contradictoires.
- Les traitements prescrits ne s’interrompent pas sans avis médical, et leurs effets indésirables se discutent avec le prescripteur.
Le cannabidiol, ou CBD, est un des cannabinoïdes extrait du cannabis. Cette molécule rencontre un énorme succès ces dernières années.
La question de son intérêt face aux problèmes de vessie hyperactive revient régulièrement, ce dysfonctionnement qui pousse une personne à uriner plus souvent que les autres. Alors, qu’en pense la science à l’heure actuelle ?
Le Chanvrier Français vous éclaire, y compris quand les réponses ne vont pas dans le sens de nos produits.
Causes et symptômes liés à une hyperactivité de la vessie
Lorsque l’on a une vessie hyperactive, cela signifie que cette dernière vous pousse à évacuer votre urine, et ce, même lorsque la vessie n’est pas pleine. Tout ceci est lié à une hyperactivité observée chez le détrusor, ce muscle lisse situé sur la paroi de notre vessie, et dont la contraction et la décontraction sont à l’origine de l’envie d’uriner.
Les causes possibles
L’apparition d’une hyperactivité de la vessie peut être provoquée par différentes raisons. En effet, il est tout simplement possible que cette dernière soit liée à une consommation régulière et importante de certaines boissons, à l’image du café ou des boissons énergisantes.
D’autres causes existent : une infection urinaire, qui provoque des symptômes proches et nécessite un traitement spécifique, une obstruction à l’écoulement des urines, ou encore une cause neurologique. Dans de nombreux cas, aucune cause précise n’est retrouvée : on parle alors d’hyperactivité vésicale idiopathique.
Ce qu’il ne faut surtout pas faire
Un réflexe fréquent consiste à moins boire pour aller moins souvent aux toilettes. C’est contre-productif : une urine plus concentrée irrite davantage la paroi vésicale et peut aggraver les envies pressantes. Maintenez des apports hydriques normaux, répartis dans la journée, et réduisez plutôt les boissons irritantes, café, thé fort, boissons énergisantes et alcool.
Les traitements existants
À l’heure actuelle, il existe plusieurs sortes de médicaments pouvant aider à réduire les symptômes liés à une vessie hyperactive. Parmi eux, on retrouve les antimuscariniques ou encore les antispasmodiques. Ces derniers ont pour but d’anticiper et d’amoindrir les spasmes liés à la contraction et la décontraction du détrusor.
À ces traitements s’ajoutent des approches non médicamenteuses qui font consensus : la rééducation périnéale, l’entraînement vésical et l’adaptation des boissons. Elles sont souvent proposées en première intention.
Comme tout traitement, ceux-ci peuvent s’accompagner d’effets indésirables. Ils se discutent avec le médecin prescripteur, qui peut ajuster la posologie ou changer de molécule. Un traitement ne s’interrompt pas de sa propre initiative.
Qu’est-ce qu’est le CBD ? Petit rappel
Le cannabidiol, appelé aussi CBD, fait partie des différentes molécules présentes au sein de la plante de cannabis. Appelées cannabinoïdes, ces dernières sont responsables des différentes propriétés du cannabis. Le CBD, à l’inverse du THC, ne provoque aucun effet psychotrope chez son consommateur.
Il n’est pas pour autant dénué d’effets indésirables : les essais cliniques rapportent notamment de la somnolence, des troubles digestifs, une baisse d’appétit et des élévations des enzymes hépatiques.
Son interaction avec notre organisme est favorisée par la présence du Système Endocannabinoïde (SEC). Ce dernier occupe un rôle de régulateur concernant nombre de nos fonctions vitales, et il est constitué de deux récepteurs principaux, à savoir les récepteurs CB1 et CB2.
Des récepteurs cannabinoïdes ont été identifiés dans la vessie humaine, et leur expression diffère chez les personnes présentant une hyperactivité du détrusor. C’est ce constat qui a conduit des chercheurs à s’intéresser à cette piste. La présence d’un récepteur ne signifie toutefois pas qu’une molécule qui s’y lie produise un effet thérapeutique.
Ce que montrent réellement les essais
Deux essais cliniques ont été publiés sur ce sujet. Tous deux portent sur des patients atteints de sclérose en plaques, et sur des médicaments contenant du tétrahydrocannabinol, pas sur du cannabidiol seul.
L’étude CAMS-LUTS, publiée en 2006. Elle a comparé, chez 630 patients, un extrait de cannabis par voie orale, du THC seul et un placebo. La réduction des épisodes d’incontinence a été de 38 % pour l’extrait, 33 % pour le THC, et 18 % pour le placebo. Les deux traitements actifs font mieux que le placebo, mais l’ampleur de la réponse placebo invite à la prudence dans la lecture.
L’essai de 2010 sur le Sativex. Mené chez 135 patients atteints de sclérose en plaques avec vessie hyperactive, il n’a montré que peu de différence avec le placebo sur son critère principal, la réduction du nombre d’épisodes d’incontinence quotidiens.
Ce qu’il faut en retenir. Les résultats sont contradictoires, ils concernent une population particulière, celle des patients atteints de sclérose en plaques, et ils portent sur des médicaments contenant du THC, substance classée comme stupéfiant en France. Aucun essai n’a évalué le cannabidiol seul dans l’hyperactivité vésicale, et aucun n’a porté sur une hyperactivité idiopathique.
Nous appliquons cette démarche à l’ensemble de nos contenus : vous en trouverez un autre exemple dans notre article sur les méthodes naturelles face au tremblement essentiel.
Les précautions à connaître
Néanmoins, il est important de préciser que le CBD, sous toutes ses formes, ne doit en aucun cas être considéré comme un médicament à part entière. [MODIFIÉ, suppression de « Son usage se limitant seulement à celui d’un complément thérapeutique »] De ce fait, en cas de problèmes d’incontinence ou de vessie hyperactive, il est impératif de consulter prioritairement son médecin. Toute substitution de celui-ci à n’importe quel traitement médical officiel est proscrite.
Deux points s’y ajoutent :
- Les interactions médicamenteuses. Le cannabidiol peut modifier le métabolisme de nombreux médicaments. C’est la même voie qui explique les questions fréquentes sur son association avec d’autres consommations : voir notre article sur le mélange CBD et alcool.
- Grossesse, allaitement et traitement en cours : avis médical préalable.
De plus, en cas d’achat de produits CBD, il est très important de bien choisir ses articles, en veillant notamment à la bonne qualité ainsi qu’à la provenance transparente de ces derniers. Le document qui fait foi est le certificat d’analyse par lot, émis par un laboratoire indépendant : nous détaillons les points à contrôler dans notre article sur le CBD sans THC.
Raisons pour lesquelles nous vous invitons à découvrir la boutique en ligne du Chanvrier Français et/ou à nous rendre visite dans nos différents magasins.
Quand consulter
Consultez sans attendre en cas de :
- sang dans les urines
- douleur ou brûlure en urinant, avec ou sans fièvre
- envies pressantes apparues brutalement
- difficulté à uriner ou impression de ne pas vider complètement la vessie
- symptômes qui s’aggravent malgré les mesures habituelles
Une infection urinaire, une obstruction ou une cause neurologique peuvent se manifester par des symptômes proches et nécessitent une prise en charge différente.
Questions fréquentes
Le CBD soigne-t-il la vessie hyperactive ?
Aucun essai n’a évalué le cannabidiol seul dans ce trouble. Les deux essais disponibles portent sur des médicaments contenant du THC, chez des patients atteints de sclérose en plaques, avec des résultats contradictoires.
Faut-il boire moins quand on a une vessie hyperactive ?
Non. Réduire ses apports en eau concentre l’urine, ce qui irrite la vessie et peut aggraver les symptômes. Mieux vaut maintenir des apports normaux et limiter les boissons irritantes.
Quelles boissons éviter ?
Le café, le thé fort, les boissons énergisantes et l’alcool sont les plus fréquemment cités comme irritants pour la vessie.
Peut-on prendre du CBD avec un traitement pour la vessie ?
Uniquement après avis médical. Le cannabidiol peut modifier le métabolisme de nombreux médicaments.
Quand faut-il consulter ?
Devant toute gêne urinaire persistante, et sans attendre en cas de sang dans les urines, de brûlures, de fièvre ou de difficulté à uriner.
Sources
- Freeman R.M. et al., « The effect of cannabis on urge incontinence in patients with multiple sclerosis: a multicentre, randomised placebo-controlled trial (CAMS-LUTS) », International Urogynecology Journal, 2006;17(6):636-641. https://link.springer.com/article/10.1007/s00192-006-0086-x
- Kavia R.B.C. et al., « Randomized controlled trial of Sativex to treat detrusor overactivity in multiple sclerosis », Multiple Sclerosis Journal, 2010. https://doi.org/10.1177/1352458510378020
- « Cannabinoid receptor expression in the bladder is altered in detrusor overactivity », International Urogynecology Journal, 2015. https://link.springer.com/article/10.1007/s00192-015-2802-x
- Souza J.D.R. et al., « Adverse Effects of Oral Cannabidiol: An Updated Systematic Review of Randomized Controlled Trials », Pharmaceutics, 2022;14(12):2598. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC9782576/