CBD et thyroïde : ce que dit réellement la recherche

Cet article est fourni à titre informatif et ne constitue ni un avis médical, ni un diagnostic, ni une recommandation de traitement. Les troubles thyroïdiens relèvent d’une prise en charge médicale : ils se diagnostiquent par analyse sanguine et se traitent sur prescription. Le CBD n’est pas un médicament et ne se substitue à aucun traitement.

À retenir

  • Les troubles thyroïdiens se diagnostiquent par une analyse sanguine, jamais sur la base de symptômes seuls.
  • Aucun essai clinique chez l’humain n’a évalué le CBD dans les troubles thyroïdiens. Les travaux disponibles portent sur l’animal ou sur des tissus en laboratoire.
  • Le point réellement important est l’interaction médicamenteuse : le cannabidiol peut modifier le métabolisme de nombreux médicaments, dont les traitements thyroïdiens.
  • Un traitement thyroïdien ne s’interrompt jamais sans avis médical, quelle que soit la gêne liée à ses effets secondaires.

Peu de gens pensent régulièrement à l’importance du rôle qu’occupe leur thyroïde concernant notre bon équilibre physiologique global. Pourtant, lorsque la santé de cette dernière est perturbée, bon nombre de dérèglements métaboliques peuvent ensuite se manifester. 

En effet, les troubles thyroïdiens, qu’ils soient hypoactifs ou hyperactifs, peuvent être à l’origine de symptômes tels que de fortes migraines, des troubles du sommeil, des prises et pertes de poids rapides et soudaines. Si ces perturbations thyroïdiennes ne sont pas vite et correctement traitées, il se peut qu’elles donnent place à de plus inquiétants problèmes de santé.

La question du CBD revient régulièrement sur ce sujet. Raison pour laquelle Le Chanvrier Français a décidé de vous faire un point sur ce que dit réellement la recherche, y compris quand elle ne va pas dans le sens de nos produits 

Qu’est-ce que la thyroïde exactement ?

La thyroïde est une petite glande présente à l’avant de notre cou. Cette dernière supervise bon nombre de nos paramètres physiologiques puisqu’elle est la principale responsable concernant la production de certaines hormones vitales au bon fonctionnement de notre organisme. Un flux géré et continu d’hormones qui, lorsqu’il se voit perturbé, vient dérégler l’entièreté de notre bon fonctionnement métabolique.

Ce genre de perturbations thyroïdiennes se manifeste sous deux types de bouleversements. À savoir la surproduction d’hormones, appelée hyperthyroïdie, ou bien la sous-production, à savoir l’hypothyroïdie. La contraction de l’une de ces deux pathologies entraîne l’apparition de symptômes tels que les migraines, la prise ou la perte de poids subite, ou encore un excédent de fatigue.

L’hypothyroïdie

L’hypothyroïdie, comme son nom l’indique, apparaît lorsque la glande thyroïdienne n’est plus en capacité de sécréter elle-même le taux d’hormones nécessaires au bon équilibre de notre organisme. Cette anomalie peut être causée par différents facteurs, notamment une maladie auto-immune ou la prise de certains médicaments dans le cadre de traitements parallèles.

Les individus atteints d’hypothyroïdie sont souvent sujets à une raideur et un gonflement des articulations quotidiens, à des pics de fatigue, des troubles de la mémoire et de la concentration ou encore à un manque de force physique et une dégradation des capacités musculaires.

L’hyperthyroïdie

De son côté, l’hyperthyroïdie apparaît lorsque, à l’inverse, la glande thyroïdienne produit trop d’hormones, et notamment de thyroxine, voire la principale hormone thyroïdienne. Cette maladie provoque notamment une perte de poids malgré un appétit conservé ou augmenté.

Elle peut également venir fausser la santé et le rythme cardiaque ou encore venir troubler le rythme habituel et conseillé de sommeil.

Diagnostic et traitements


Les traitements diffèrent selon le trouble. L’hypothyroïdie se traite par un apport d’hormones thyroïdiennes de substitution. L’hyperthyroïdie relève d’un traitement antithyroïdien, parfois d’iode radioactif, et dans certains cas d’une intervention chirurgicale.  

Comme tout traitement, ceux-ci peuvent s’accompagner d’effets indésirables. Ils se discutent avec le médecin prescripteur, qui peut ajuster la posologie ou la molécule. Un traitement thyroïdien ne s’interrompt jamais de sa propre initiative : l’arrêt d’un traitement antithyroïdien expose notamment à des troubles du rythme cardiaque. 

Le CBD agit-il sur la thyroïde ? 

Comme vous le savez sûrement si vous nous lisez régulièrement, la plante de cannabis renferme en son sein plusieurs molécules actives naturelles. Appelées cannabinoïdes, ces dernières sont à l’origine des effets que confère le cannabis en général. Parmi les plus de 130 cannabinoïdes différents que l’on peut retrouver dans les différentes variétés de cannabis figure le CBD (cannabidiol). 

À l’inverse de sa célèbre molécule cousine, le THC (tétrahydrocannabinol), le cannabidiol n’est en aucun cas psychotrope et il n’existe pas d’addiction reconnue à ce jour.

De son côté, notre corps possède ce que l’on nomme le Système Endocannabinoïde (SEC). Ce dernier participe à la régulation de nombreux paramètres physiologiques, à l’image de notre poids, notre appétit, notre santé cardiaque ou encore notre température corporelle. Son réseau est constitué de deux types de récepteurs, à savoir les récepteurs CB1 et CB2.

L’état réel de la recherche 

Voici ce que l’on sait précisément à ce jour.

Des récepteurs sont bien présents dans la thyroïde. Une étude publiée en 2002 a mis en évidence un récepteur CB1 fonctionnel dans la thyroïde du rat. Une étude sur tissus humains, publiée en 2015, a décrit l’expression des récepteurs CB1 et CB2 dans des lésions thyroïdiennes bénignes et malignes. Ces travaux décrivent une présence, pas un effet thérapeutique.

Les travaux sur le cannabidiol lui-même portent sur l’animal. Une étude de 2022 a observé, chez des rats soumis à une carence en vitamine D, des modifications des marqueurs thyroïdiens sous cannabidiol. Un modèle animal de carence ne se transpose pas à une pathologie thyroïdienne humaine.

Aucun essai clinique chez l’humain n’a évalué le cannabidiol dans les troubles thyroïdiens. Ni dans l’hypothyroïdie, ni dans l’hyperthyroïdie.

La conclusion honnête est donc qu’aucune donnée ne permet d’affirmer que le CBD agit sur la thyroïde ou sur les symptômes qui lui sont liés.

Nous appliquons cette même démarche à l’ensemble de nos contenus : vous en trouverez un autre exemple dans notre article sur les méthodes naturelles face au tremblement essentiel.

Le point à ne pas négliger : les interactions médicamenteuses 

C’est le sujet réellement actionnable de cet article.

Le cannabidiol est métabolisé par le foie, via des enzymes qui traitent également un grand nombre de médicaments. Il peut donc modifier leur concentration dans l’organisme, à la hausse comme à la baisse. Or un traitement thyroïdien repose sur un équilibre hormonal précis, ajusté par analyses sanguines régulières.

Voilà pourquoi il est toujours primordial de consulter son médecin en amont de toute consommation de cannabidiol, d’autant plus si elle se juxtapose à celle d’un traitement médicamenteux. Votre pharmacien est l’interlocuteur le plus rapide : il a accès à votre historique de délivrance et peut vérifier les interactions sans rendez-vous. 

C’est la même voie métabolique qui explique les questions fréquentes sur l’association du CBD avec d’autres consommations : nous faisons le point dans notre article sur le mélange CBD et alcool.

Quand consulter ?

Un trouble thyroïdien ne se diagnostique pas sur des symptômes. Consultez si vous constatez :

  • une fatigue persistante inexpliquée
  • une variation de poids importante et rapide, sans changement d’alimentation
  • un rythme cardiaque anormalement rapide ou irrégulier
  • une frilosité inhabituelle, ou au contraire une intolérance à la chaleur
  • un gonflement à la base du cou
  • des troubles de la mémoire, de la concentration ou du sommeil qui s’installent

Une simple prise de sang mesurant la TSH permet de faire le point.

Questions fréquentes

Le CBD soigne-t-il les troubles de la thyroïde ?

Non. Aucun essai clinique chez l’humain n’a évalué le cannabidiol dans l’hypothyroïdie ou l’hyperthyroïdie. Les travaux disponibles portent sur l’animal ou sur des tissus en laboratoire.

Peut-on prendre du CBD avec un traitement thyroïdien ?

Uniquement après avis médical. Le cannabidiol peut modifier le métabolisme de nombreux médicaments, et un traitement thyroïdien repose sur un équilibre hormonal ajusté par analyses régulières.

Y a-t-il des récepteurs cannabinoïdes dans la thyroïde ?

Oui, leur présence a été décrite, chez le rat en 2002 et sur des tissus humains en 2015. La présence d’un récepteur ne signifie pas qu’une molécule qui s’y lie produit un effet thérapeutique.

Peut-on arrêter son traitement thyroïdien à cause de ses effets secondaires ?

Jamais de sa propre initiative. Les effets indésirables se discutent avec le médecin prescripteur, qui peut ajuster la posologie ou la molécule.

Comment diagnostique-t-on un trouble thyroïdien ?

Par une analyse sanguine, principalement le dosage de la TSH, complétée si besoin par d’autres examens. Les symptômes seuls ne suffisent pas.

Sources

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